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Écrire la pierre… et le corps

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Lorsque j’ai commencé à fréquenter le mont Saint-Hilaire, Quartz est venu se loger dans ma peau. À force de sentir cette montagne, d’explorer sa forêt, et surtout de vivre le temps de la pierre, j’ai eu besoin de parler des liens charnels qui nous unissent aux éléments et au territoire. Je voulais écrire un rapport au monde amorcé par les sens et par la lenteur, en même temps que par l’observation et la réflexion. C’est alors qu’a émergé pour moi toute la question de l’authenticité.

Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est une illusion ? À chaque fois que je m’approchais de la montagne, par la route, elle apparaissait différente : parfois charnue, colorée, d’autres fois aplatie, pâlie, je me rendais compte que les variations étaient infinies, au gré des lumières et des saisons. J’y vis la symbolique parfaite de ce questionnement sur l’authenticité. Il y avait là du réel, bien installé, et aussi tant d’illusions.

Le cinéma, recréation si riche du réel, de même qu’illusion puissante, serait le milieu de travail de mon personnage central. Le son serait son univers, ce sens si souvent ignoré qui pourtant nous situe puissamment dans le monde. Elle allait, ma Chloé, faire une traversée de ses chimères grâce à la montagne et trouver une manière bien à elle d’ancrer ses deux pieds dans la pierre. Je choisis ensuite le paradoxe d’un personnage hors du réel. Quelle joie pour l’écrivain. Quelle liberté ! J’allais laisser au lecteur le soin de décider de l’identité de cette Liane à qui tout était permis.

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Je souhaitais que partout dans le roman le lecteur puisse comprendre de manières différentes où se situe le faux et où se trouve l’authenticité. Car j’avais envie d’éclairer cela, les biais, les regards faussés et les belles surprises, les gerbes de vérités qui se logent là où on les attend le moins. Le recours au corps et aux sens se présente ici comme un chemin vers le réel.

Le désir, encore une fois, se retrouvait au centre de mon écriture. D’abord exil, il allait devenir pour Chloé, réappropriation de soi. À la recherche de l’authenticité, c’est par son corps, relié au territoire, que sa vision s’éclaircit.

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